A la découverte du Sauternes Château de Myrat

nov 30, 2011 2 Comments by

Mardi 15 novembre dernier, les premiers frimas sont arrivés, la température extérieure est négative… Brrr !

La couleur dorée des bouteilles alignées sur les tables apaise et réchauffe, on se sent tout de suite mieux.

Ce soir, le Comte Xavier de Pontac, co-propriétaire avec son frère Jacques, du Château de Myrat en Sauternes nous présente ses vins.

Avant la dégustation, commençons par une brève histoire du Sauternes, sa typicité et ses caractéristiques à travers le Château de Myrat.

Devant une assemblée majoritairement féminine, le Comte de Pontac, insiste sur la taille infime des vins de Sauternes à l’échelle de Bordeaux qui représentent moins de 1% de la production totale et sa taille : « il faut bien que vous compreniez que Sauternes c’est 1/3 de Paris ».

La famille De Pontac est intiment liée aux vins de Bordeaux depuis le 16ème siècle et la fondation du domaine Haut Brion (1er Grand Cru Classé de Graves aujourd’hui détenu par le Prince Robert de Luxembourg). En 1976, pour la première fois de l’Histoire, les vignes d’un cru classé de Bordeaux sont arrachées. En 1988, les deux propriétaires actuels replantent 22 Ha en moins de 2 mois pour éviter la perte des droits de plantation. Château de Myrat redevient un cru classé en 1991 mais ce millésime ainsi que les deux suivants sont gelés. Le redémarrage est effectif en 1995 et le millésime 2001 est qualifié par la Revue des Vins de France comme « l’un des meilleurs vins de Bordeaux » illustrant à merveille la devise de la famille : « Spe sine spe » (espérer contre tout espérance pour ceux qui n’ont pas fait latin au collège). Aujourd’hui les deux filles de Jacques de Pontac, Slanie et Elisabeth, poursuivent l’aventure familiale.

Les Sauternes sont composés de 2 cépages : le sémillon et le sauvignon. Le sémillon est très délicat, les rendements incertain et la production de Sauternes délicate « les banquiers et les comptables n’aiment pas ça ». Froncements de sourcils dans la salle.

« Quand on voit que les médocains produisent 4 fois plus et vendront 4 fois plus cher » est la plainte de la soirée,  »aujourd’hui Sauternes est le verre de plus, le verre de trop pour la Gendarmerie » le un constat amer. Constat qui amène les vins de Sauternes à multiplier les petits flacons, demi bouteilles, 20cl voire moins comme les vins en tube (WIT pour wine in tube comme aurait dit Shakespeare), et lancer une nouvelle campagne de publicité.

 

Passons à la dégustation : 5 vins sont au programme ce soir. Il s’agit d’une verticale ie une dégustation de plusieurs millésimes (années) du même vin ou même domaine afin de mettre en lumière les particularités d’un millésime. Par opposition, la dégustation horizontale consiste à déguster plusieurs vins de domaines différents dans le même millésime pour observer les influences du sol, terroir, climat, vignerons…

Château de Myrat 2002 : Belle robe dorée. Nez de coing, miel (acacia ?). Belle fraîcheur en bouche (caractéristique du millésime) sur le raisin sec et l’orange confite. Vin très gourmand. Le Comte de Pontac nous explique que « le goût d’orange se décline entre les pépins, les quartiers, zests et autres confitures ». Ah. Bon. Un mélange entre le zest et la confiture c’est possible ? Cette année là, 60% de la production a été mise en Château de Myrat, le Grand Vin. Le Château n’ayant pas de second vin, le reste est revendu à des négociants.
Château de Myrat 2006 : Le jour et la nuit. Nez beaucoup moins ouvert voire fermé. On perçoit quelques arômes légers d’abricot et pêche blanc. « Ce vin est très typé Barsac (l’une des communes de Sauternes ndlr), pierre à fusil ». Par contre quelle bouche ! Si le nez vous avait endormi, vous voilà réveillés ! La bouche présente beaucoup de matière, du sucre, notes de miel et raisins de corinthe.Château de Myrat 2008 : Robe plus marquée. Autant le précédent avait de la fraicheur, ce nez puissant est marqué par le sucre et l’alcool. Comment vous expliquer ? Vous avez un pot de miel ? Mettez le nez dedans et vous comprendrez. Attaque très franche et ample, saturation rapide du palais. Assez lourd. « Gourmand », ah bon d’accord. Combien de sucres résiduels ? « 150 g/litre alors que le précédent était à 115″. On avait donc vu juste. « Il va s’affiner, il me fait penser au 2003 à l’époque » : on espère le revoir donc dans 5 ans.Château de Myrat 2003 : « Tout le soucis était de ramasser des baies un peu vertes pour la 1ère fois de notre vie pour avoir une certaine acidité », la sécheresse de 2003 engendrant une surmaturité des baies. Robe très dorée. Joli nez de litchi, qui peut faire penser à un Gewurztraminer ou un Pacherenc du Vil-Bilh, suivi par de discrètes épices. « Au début le vin était trop lourd mais là c’est bien » dans un grand sourire… Effectivement, la bouche est très ample avec une belle fraicheur malgré l’effet millésime. Longue finale sur le pain d’épices. Bel équilibre. Autant le 2008 était saturé, autant on boirait ce 2003 comme du petit lait.

Et pour finir Château de Myrat 2007 : « Vin bien vendu en primeur mais il en restait. Le Wine Spectator a sorti un supplément et a mis une excellente note à Myrat. On a vendu 3 000 caisses aux Etats Unis dans les 8 jours qui suivirent ».

La robe est plus dorée que 2008. Nez de pêche blanche et agrumes puis s’ouvre sur les épices. En bouche, l’attaque est vive, grande fraîcheur, très bel équilibre. Sublime ! Les banquiers et comptables adorent, et ce ne sont pas les seuls.

 

Mes 3 vins préférés de la soirée sont le 2007, 2002 et 2003.

Pour conclure, nous apprenons que le millésime 2009 sera mis en bouteille dans 8 jours.

 

 

Une soirée avec...

2 Responses to “A la découverte du Sauternes Château de Myrat”

  1. Nom says:

    Je me permets une petite correction, le château Haut-Brion n’est pas un 1er Grand Cru Classé de Graves mais un 1er Grand Cru Classé en 1855 et un Cru Classé de Graves (sans classement).

  2. Syl'Vin says:

    Mon raccourci était imprécis, bien vu !

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