Qui suis-je ? Questions pour un champion…
Qui suis-je ? Questions pour un champion…
Une fois n’est pas coutume sur ce blog vin, vous allez jouer. Mais ici, pas de numéros surtaxés à appeler pour espérer gagner une télévision de 30 cms ou 2 places pour le prochain match de l’équipe de France. Il n’y a rien à gagner non plus. Un jeu pour apprendre, réfléchir, méditer, râler, s’insurger.
Si ce jeu vous a plu, n’hésitez pas à en parler demain avec vos collègues à la pause café, cet après midi à votre beau frère devant France-Angleterre ou avec vos copines dans la file d’attente des cabines d’essayages lors de votre prochain shopping.
Les mains sur le buzzeur, vous êtes prêts ? Top !
Je fais vivre 800 000 personnes en France,
Représentant le 2ème poste exportateur de la balance commerciale française en valeur, j’ai rapporté à la France 9 Milliards d’€uros (soit 162 Airbus !!) en 2010 devant les parfums, les cosmétiques et la chimie,
Comme le luxe, je suis le symbole de la France à l’étranger et incarne le savoir vivre à la française,
J’attire chaque année plus de 12 millions de touristes dans mes chais, vignes et sites oenotouristiques,
« Economie peuplante » selon les mots du géographe Jean-Robert Pitte, je suis un des facteurs structurants de l’aménagement du territoire,
Pourtant, en 5 ans, ni Nicolas Sarkozy, ni François Fillon n’ont trouvé opportun de parler de moi alors que le roi Juan Carlos d’Espagne fait ouvertement la promotion de mon alter ego espagnol,
Pourtant, jamais un Président de la République ne s’est rendu à Bordeaux au salon Vinexpo, référence mondiale pour ma filière,
Pourtant, le nombre de politiques qui me soutiennent est nettement inférieur au nombre de grains de raisins présents sur une grappe,
Pourtant, symbole du « made in France », je reste étrangement absent de la campagne présidentielle,
Malheureusement trop souvent associé aux problèmes de santé publique sous le poids du lobby de l’industrie pharmaceutique financé en partie par des fonds publics,
et étouffé en France par une loi Evin dépassée et inadaptée,
j’incarne à merveille le french paradox…
je suis ? je suis ???
Le Vin en France, un constat amer et édifiant.
Syl’Vin.
Photo : DR.
Source La Revue des Vins de France, mars 2012.



Autant j’aime le vin, autant le médecin que je suis ne peut pas rester indifférent quand le lobby du vin, dont cet article narre a puissance, s’en prend de façon injustifiée à celui de l’industrie pharmaceutique (qui a tout interêt à ce que les gens tombent malades pour leur vendre des médicaments !). Soyons sérieux, la loi Evin n’est pas parfaite, mais elle contribue à essayer de limiter les ravages causés par l’alcool. Ne tombons pas dans les pièges des lobbies !
Laurent, je m’attendais à ces réactions et il n’est pas question ici de faire ou refaire le match des lobbys.
Soyons factuels. On a connu en France lors des 15 dernières années, des campagnes publiques visant à dénigrer et avec quelle violence le vin. J’en veux pour preuve une campagne assimilant le vin à la mort. Pour reprendre vos mots, soyons sérieux ! Ces campagnes destructrices ont du se dérouler également chez nos voisins européens puisque le vin serait mortel ? Que nenni ! Ni en Espagne dont le roi fait la promotion des vins espagnols , ni en Italie.
Ce qui me gène profondément en tant qu’amoureux du vin est le rapport des autorités publiques vis à vis du vin. Bien sûr qu’il faut lutter contre les ravages causés par une consommation excessive. Le vin est peut être l’une des seules choses dont le reste du monde entier nous envie et au lieu de mettre en avant cette richesse, on la dénigre. Prenons un exemple concret : une émission à la télévision ne peut citer un vin lors d’un accord mets vin. Imagine-t-on un seul instant que l’on cache le nom d’un fromage ou d’une voiture ? Soyons sérieux pour reprendre vos mots… Nos amis belges, suisses et canadiens n’en sont toujours pas revenus.
Quant au fait de savoir s’il y a un lien entre le poids du lobby pharmaceutique et le fait que les français soient les premiers consommateurs de tranquillisants au monde, ce n’est pas le débat ici mais j’ai ma petite idée…
Et concluons avec Goethe : « le vin réjouit le coeur de l’homme et la joie est la mère de toutes les vertus »…
vivement des pubs où l’on boit un p’tit verre au volant!
Cher Sylvain,
Tu te trompes sur beucoup de points. Le vin a été beaucoup trop soutenu à une époque (versé aux soldats pour qu’ils passent à l’assaut, distribué aux ouvriers pour qu’ils bossent…même dans les colos, y’avait la Valstar ou le pichet). C’est une véritable institution nationale. Un petit retour de bâton était nécessire, car l’alcool c’est 25 000 à 60 000 morts par an. Ce puissant lobby du vin paye t’il les transplantations hépatiques de ses membres ? Peut on rester indifférent ? Est-il normal que les enfants soient exposés à des publicités les influençant pour qu’ils consomment cette drogue ? Merci à Clefman pour son contre exemple ironique qui illustre bien la nécessité d’imposer des règles.
Nul ne dénigre le vin, mais les pouvoirs publiques ont le devoir de nous inciter à réduire notre consommation d’alcool, au même titre que de nous inciter à la sécurité routière, etc… Si cet objectif te semble louable, je te cite : « Bien sûr qu’il faut lutter contre les ravages causés par une consommation excessive », Il faut accepter les moyens mis en oeuvre.
Ceci dit, ne te trompe pas de débat, ce qui est surtout visé, c’est la consommation régulière d’alcool et l’alcool au volant, personne ne dit rien aux amoureux du vins dont je fais parti qui trinquent de temps en temps entre amis. Note que dans certains pays, la loi est encore bien plus dure (pays nordiques par exemple).
Ton roi d’Espagne a manifestement basculé du côté obscure de la Force : Plus facile plus rapide, plus séduisant ! On fait la promotion du vin, dans l’immédiat, ça rapporte plus d’argent à la filière et aux impôts, mais dans le long terme il faudra payer la santé, et la facture sociale.
Encore une fois on peut dire plein de choses sur le lobby pharmaceutique, et bien d’accord avec toi sur l’excès de prescriptions de tranquilisants, mais tu fais erreur en opposant ces lobbies. En fait, en poussant un peu, ils sont du même côté, leur but est toujours de vendre des produits aux gens, et surtout s’ils sont en faiblesse.
Non, les lobbies qui s’opposent aux publicités pour le vin, c’est putôt ceux des ligues contre l’alcool et des médecins adictologues.
Pour conclure ma position, je dirais, aimons le bon vin, en le consommant de façon occasionnelle, et laissons faire nos autorités sanitaires qui travaillent à limiter ce qui est un fléau social, l’alcoolisme.
Laurent
PS : C’est parfois faire preuve de sagesse que de savoir reconnaître qu’on s’est laissé entraîner et de revoir sa position
Laurent,
D’accord pour les soldats, c’est bien pour ça que je parle des 15 dernières années.
Je l’ai déjà dit mais ce qui me gêne c’est qu’on ne puisse pas parler de vin et des produits précis. A mon sens, il faut combattre les binge drinking au lieu de l’apprentissage de la dégustation et la consommation avec modération.
Bien sûr qu’il faut combattre l’alcoolisme, qui pourrait prétendre une chose contraire ? Et je ne suis ni royaliste, ni espagnol.
Bref, je maintiens et assume chaque mot de mon billet mais on a le droit de ne pas être d’accord… ouf !
Bonjour Syl’vin et Laurent,
J’ai quasiment 2 mois de retard sur votre conversation, mais le lobby industrie pharmaceutique et vin m’interesse fortement. D’une part car je suis amateur et amoureux du vin, et de l’autre je suis également pharmacien et je travaille dans l’IP, et surtout je fais ma thèse sur le theme de « vin et santé ». En parcourant la presse spécialisée RVF et autre, on n’entend souvent parler de ces lobby entre IP et vin, mais jamais vraiment rien de concret, auriez-vous des sources ou des informations à me transmettre sur ce sujet.
Merci d’avance