Le Week-end des Grands Crus à Bordeaux : où comment visiter La Conseillante, La Grave Figeac, déguster plus de 100 Châteaux et passer une excellente soirée Grands Crus ! #oenotourisme

Mai 20, 2013 16 Comments by

Ce we, je suis « descendu » à Bordeaux avec des amis pour le WE des Grands Crus organisé par l’Union des Grands Crus de Bordeaux. Non ce n’est pas le dernier film projeté à l’UGC Cité.

Le Week-end des Grands Crus, késako ? « Point d’orgue de cet évènement, la dégustation du samedi permet aux amateurs de goûter en un lieu unique, deux millésimes de plus de 100 vins en compagnie de leurs propriétaires tout en profitant d’une vue imprenable sur le patrimoine de Bordeaux classé à l’Unesco. Des diners dans les châteaux, des visites du vignoble, une soirée jeune, ainsi qu’un tournoi de golf complètent ce week-end épicurien. »

Bordeaux, c’est 3H30 en train TGV depuis Paris, 5h20 depuis Lille, 2H depuis Toulouse et 4h15 depuis Montpellier. Sinon, il y a l’avion et Les Tribulations de Syl’Vin est un blog vin et non pas un comparateur de prix ;)…

L’oenotourisme est donc idéal pour s’échapper le temps d’un long we et partir découvrir le vignoble français. Un secteur qui représente le 2nd poste de la balance commerciale française avec 11 Milliards d’Euros (soit une centaine de Rafale…) juste derrière l’aéronautique et devant le secteur agroalimentaire, les cosmétiques et le luxe et plus de 800 000 emplois. Jamais inutile de le rappeler à l’heure où certains inconscients s’agitent en coulisses pour instaurer une taxe sur le vin.

Avant d’arriver à Bordeaux, la dernière gare est Libourne, située sur la rive droite de Bordeaux. La rive gauche étant le Médoc et les Graves situés entre Bordeaux et l’océan. Halte dans le Libournais. Notre we commença samedi matin par une visite de La Conseillante avec Jean-Valmy Nicolas, co-propriétaire et gérant de ce fameux Pomerol. La Conseillante a désormais une cuverie ultra moderne afin de peaufiner les assemblages parcellaires. La salle de dégustation à l’étage permet de contempler les voisins : à gauche Pétrus, en face à deux pas l’Evangile avec ses couleurs caractéristiques, là légèrement sur la droite Cheval Blanc avec son chai caractéristique ressemblant à un vaisseau spatial posé au beau milieu des vignes, au loin Figeac…

La Conseillante Cheval BlancEn pleine dégustation de la Conseillante 2012 avec en fond plein centre, Cheval Blanc.

Chai La ConseillanteUne partie du nouveau cuvier de la Conseillante et ses 24 cuves.

Une salle de dégustation servant à déguster, place aux millésimes 2011 et 2012 (primeur).

Le 2nd vin Duo de la Conseillante 2012 a un nez de fruits noirs et une pointe de végétal. Très structuré. Le grand vin, la Conseillante 2012, est très profond, beaucoup de fruits, une pointe d’épices. Bouche sur le fruit, gourmande et soyeuse. Jolis tannins. Très bel équilibre.

Puisqu’on déguste des primeurs et que la Conseillante n’a pas encore sorti son prix (qui devrait sortir ce mardi 21 mai), l’occasion était trop belle d’en savoir plus. « Allez vous suivre la tendance générale ? » et réponse sourire en coin « La Conseillante 2012 vaut au moins 55€ ». Il faut donc s’attendre à une baisse équivalente à 20% sur le millésime 2012… EDIT du 21/05 : 57,6€ prix de sortie au négoce pour la Conseillante 2012.

Les 2011 venaient d’être mis en bouteille quelques jours  avant, ils « bougeaient » donc encore un peu. Duo de la Conseillante 2011 est un vin sur le fruit, très structuré. La Conseillante 2011 conserve un joli fruit malgré une prise de bois aujourd’hui très présente. Beaucoup de structure, à revoir dans quelques années.

La Conseillante l'EvangileLes vignes de Merlot de La Conseillante avec en arrière plan, l’Evangile et ses couleurs.

Direction la Grave Figeac en Saint Emilion. A deux pas, il suffit de franchir la départementale pour passer de Pomerol à Saint Emilion. La Grave Figeac est un Saint Emilion Grand Cru entouré de Figeac, Cheval Blanc et La Conseillante. On a connu des voisinages plus ingrats. Reçu par le propriétaire Laurent Clauzel, nous avons goûté sur 3 fûts le millésime 2012. Goûter sur fûts (les tonneaux) permet de voir l’influence du tonneau, de la chauffe et du tonnelier choisi. Ici, le vin est plus séducteur avec beaucoup d’arômes, du fruit et des épices. Là, le vin semble moins disert au nez mais possède une bouche beaucoup plus structurée et tannique. Le dernier est quant à lui très torréfié, grillé, moka au nez et nettement plus chaud en bouche.

photo(8)Chai de La Grave Figeac à Saint Emilion : Différents tonneliers, différentes chauffes pour différents styles…

La Grave Figeac 2005 dégusté dans le caveau est très réussi : du volume, beaucoup de matière, arômes de fruits mûrs, une pointe d’épices. Longue finale sur des tannins semi fondus.

Après une rapide pause déjeuner au bord de la Dordogne, direction le Hangar 14 sur les quais à Bordeaux. Doté d’une magnifique terrasse plongeant sur la Gironde, de nombreux visiteurs déjeunent malgré le temps menaçant. Plus de 120 Châteaux membres de l’Union des Grands Crus sont présents pour faire déguster leur millésime 2010 et un autre de leur choix devant plusieurs milliers de visiteurs dont beaucoup de jeunes, d’américains et d’asiatiques comme l’a souligné Olivier Bernard, nouveau Président de l’Union. Présence remarquée également du toujours très dynamique négociant Millésima avec son jeu concours permettant de gagner un lot incroyable de 120 bouteilles des Châteaux présents dans le millésime 2010. A faire mourir d’envie plus d’un amateur ! Moi le premier…

We des grands crusLes visiteurs se pressent devant les Graves et Pessac blancs. (Photo Philippe Taris pour Sud Ouest)

Un endroit unique où l’on peut avoir un tel panorama sur un millésime donné en présence de nombreux propriétaires. 2010 étant considéré comme le plus grand millésime de la première décennie du 21ème siècle, ces vins n’ont pas vocation à être dégustés sur table aujourd’hui mais plutôt dans 15 ans. Après avoir goûté les 2010 dont je retiens 3 très belles réussites Haut Bailly en Pessac Léognan et en descendant le fleuve Brane Cantenac et Rauzan Ségla à Margaux (lire aussi la verticale de Rauzan Ségla sur Les Tribulations de Syl’Vin), je me suis focalisé sur les millésimes de la Rive Gauche plus prêts à boire aujourd’hui : 2007, 2004, 2003, 2002…

Après 100 vins dégustés et autant recrachés (si si je vous jure j’avais perdu à chapeau chinois pour conduire), voici mes 5 vins préférés dans un millésime autre que 2010 ce samedi au Hangar 14.

Château Lascombes 2001, Margaux : Nez très profond, sous bois, forêt en automne. Bouche soyeuse, très longue finale. Beaucoup de plaisir.

Château Beychevelle 2004, Saint Julien : Nez très expressif sur la réglisse, les champignons, légères notes animal. Bouche structurée sur le fruit mûr, tannins semi fondus. Très joli.

Château Lagrange 2005, Saint Julien : Nez très profond, fruits mûrs. Bouche très structurée, beaucoup de matière, jolis tannins. A revoir dans 10 ans, très prometteur.

Château Lynch Bages 2003 : Nez confit, chaud, fruits mûrs caractéristiques du millésime 2003 (canicule). La bouche est polie, ample, savoureuse. Un régal.

Château Pichon Longueville 2008 : Beaucoup de fruit, un toucher de bouche sublime. Bel équilibre. Superbe.

Après une pause méritée devant la Finale de la Coupe d’Europe de Rugby, retour à Bordeaux pour la Soirée des Grands Crus dans le cadre magnifique du Café Opéra, Place de la Comédie en plein cœur de la capitale aquitaine. Une soirée jeune avec de jeunes « propriétaires » (on croisait la plupart des grandes familles bordelaises sur la liste des inscrits) et des jeunes amateurs.

We des grands crus SoiréeChoix cornélien devant les Sauternes : Rayne Vigneau ou Nairac ?

Après avoir dégusté la Rive Gauche au H14, place à la Rive Droite désormais. 3 coups de cœur pour Larmande 2000 à son apogée probablement, Beauregard 2006 en magnum et Relais de la Dominique en 2009 qui se goûtait mieux ce soir là que son grand frère le Château La Dominique 2007 et un voisin Château Soutard 2007.

photo(12)Qui a dit que les Bordelais étaient sectaires 😉 ?! Un crachoir du BIVB au stand Pomerol et Saint Emilion. De là à dire que les Bordelais crachent dans les Bourguignons, il y a un gouffre que je ne franchirai pas…

On quitte un Bordeaux en pleine ébullition : entre le nouveau classement de Saint Emillion qui n’en finit pas de faire des vagues et une campagne primeur complètement à l’arrêt, on pressent que beaucoup de choses vont bouger dans les jours et semaines à venir…

Des rencontres, des visites, des dégustations, des promenades magnifiques dans le vignoble… vive l’oenotourisme !

In Vino Veritas !

Syl’Vin

Et en bonus : en pleine interview à Sud Ouest sur notamment la passion du vin chez les jeunes…

photo(13)

Les beaux billets de Syl'vin, Une soirée avec...

16 Responses to “Le Week-end des Grands Crus à Bordeaux : où comment visiter La Conseillante, La Grave Figeac, déguster plus de 100 Châteaux et passer une excellente soirée Grands Crus ! #oenotourisme”

  1. Etienne says:

    Diffusion quand de l’itw à Sud Ouest ?

  2. Clefman says:

    Un bien bon article avec si je ne m’abuse, même quelques pointes d’humour!

  3. Mikkie says:

    Lol le crachoir du BIVB à Bordeaux, c’est drolement étrange.. :p
    j’adore les vins de Bourgogne personnellement 🙂

  4. Bella says:

    OK. I’ve changed my mind and agree that economics may not be much, if any, &#1de0;har22r․ than climate science. Both are soft enough that I’m skeptical of pronouncements in those areas, especially when they imply that government action should be taken to stave off supposed catastrophes.

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